25 janvier 2012
Excellence du dispositif de sûreté nucléaire dites-vous? La fuite de tritium – produit de la réaction nucléaire – qui a eu lieu sur le site de la centrale nucléaire de Civaux dans la Vienne la semaine dernière ouvre une nouvelle brèche dans l’argumentaire asséné par le gouvernement et les industriels du secteur. Confirmée par l’ASN, qui fait une nouvelle fois preuve de son indépendance, l’incident de Civaux est préoccupant pour au moins deux raisons : d’une, de l’eau contaminée par une matière radioactive s’est répandue dans les nappes phréatiques aux alentours, de deux, l’incident a révélé des défaillances dans les structures mêmes de la centrale. L’ASN, venue évaluer les dysfonctionnements sur place, a pu constater l’état de vétusté d’un bassin de rétention apparemment fissuré et des manquements dans l’application des réglementations.
Que nos centrales ne puissent pas se prémunir contre ce type d’incident, somme toute assez basique (fuite d’eau) ne peut que nous inquiéter et nous interroger sur le niveau de sûreté général des installations nucléaires. L’ASN l’a d’ailleurs affirmé lors de la publication de son rapport d’audit de la sûreté du parc nucléaire français au début du mois de janvier: « il faut renforcer la robustesse des centrales nucléaires ». Sans être alarmiste, l’ASN a mis l’accent sur la nécessité de grands travaux, demandant la mise en place d’un « noyau dur » (dispositions de secours comme un groupe électrogène et un circuit d’eau d’ultime secours), et divers travaux de réparations et de mise aux normes dont le coût s’élèverait au bas mot à 10 milliards d’euros. [Lire la suite...]
24 janvier 2012
En théorie, l’usage des substances radioactives utilisées au quotidien est strictement encadré par le code de la santé publique. Mais en pratique un décret interministériel dont la légalité est aujourd’hui mise en doute par de nombreux parlementaires de droite comme de gauche, a ouvert une brèche révélant la légèreté du gouvernement en matière de sureté pour les consommateurs:
l’arrêté du 5 mai 2009 définit les modalités sur les possibilités de déroger à l’interdiction d’ajouter des substances radioactives aux produits de consommation et de construction (prévues à l’article R. 1332-4 du code de la santé publique).
Alors qu’il vient tout juste de rentrer en vigueur, au 19 janvier dernier, cet arrêté suscite la crainte et l’inquiétude de citoyens et consommateurs. Que penser en effet d’un gouvernement qui autorise l’emploi de matériaux contaminés par exemple pour la construction d’habitations ou de lieux de travail?
Au-delà du danger qu’il représente pour la santé publique, cet arrêté pose également le problème de la perte de traçabilité des substances radioactives qui seraient introduites dans certains produits amenés à être recyclés. Il est aberrant également que cet arrêté permette aux entreprises concernées de déterminer elles-mêmes les modalités d’information des consommateurs sur les produits à risque qu’elles vont commercialiser ; il est à craindre que la qualité et la fiabilité de l’information ne soient pas garanties ni pour l’intérêt général ni de façon optimale.
Alors que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui « assure, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de laradioprotection en France pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés à l’utilisation du nucléaire », a émis un avis clairement défavorable sur cet arrêté le 19 novembre 2008, en concluant que cet arrêté tend à banaliser la délivrance de dérogations, le gouvernement a fait preuve d’une mauvaise foi manifeste en repoussant d’un revers de main cet avis de l’ASN et en se bornant à assurer que cet arrêté a pour seul objet de fixer la composition du dossier à déposer afin d’obtenir cette dérogation et de préciser les conditions d’information sur les dérogations délivrées.
L’absence de critères réellement contraignants pour obtenir ces dérogations révèle le laxisme du gouvernement en matière de sûreté dans la consommation des substances radioactives.
Jean-Luc Bennahmias
Député européen,
Vice-président du MoDem
19 janvier 2012
Tout naufrage, même sans victimes est un drame car il en annonce d’autres.Marins et passagers des navires ne sont que des invités à la surface et prennent le risque de rejoindre fondpour toujours, à chaque fois que ce précepte est, ne serait ce qu’un instant, ignoré.Si la sécurité à bord a considérablement évolué au fil des ans et que la fatalité peut parfois être légitimementinvoquée, la responsabilité humaine et bien que les accidents surviennent de manières multiformes, esttoujours, in fine, engagée.Outre l’éventuelle responsabilité personnelle du commandant du Costa Concordia et de sa chaîne decommandement et quelles que soient les conclusions de l’enquête qui éclaireront précisément lescirconstances et les causes de ce désastre, une chose est certaine, le navire ne s’est pas seulement échoué. Ila, en réalité, heurté de plein fouet la réalité économique de notre siècle.On opposera à mon raisonnement les statistiques ou la réalité économique. Lesquelles statistiques ramènentfinalement la vie humaine, à la simple composante d’une équation, elle-même variable d’ajustement d’uncoût et donc du calcul d’une rentabilité sans laquelle il n’existe pas de logique, nous dit-on, de marché. Sil’on accepte cette logique débridée, on accepte donc que des femmes et des hommes puissent périr pourcette même implacable logique.Alors bien sur, si l’on compare le nombre de passagers transportés et les perspectives de croissance de cemarché, les moyens déployés pour assurer la sécurité à bord et l’immense professionnalisme de bien deséquipages, les investisseurs trouveront matière à être rassurés. Allez dire cela aux familles ou aux rescapésencore terrorisés qui ont, à cette occasion, été confrontés au meilleur, comme au pire de la nature humaine…Mais voilà, en matière de croisières les limites sont atteintes. Les prétendues forces économiques sontdevenues autant de faiblesses pour la vie.
Pour une poignée de dollars
Pour baisser les coûts, la règle consiste non seulement à échapper à la fiscalité du travail en contractualisantdes engagements off shore, mais aussi à recruter dans des pays, où 500 USD mensuels constituent unevéritable fortune, même pour de très bons professionnels. Bien que l’armateur assure la formation nécessaireà ses attentes, mais aussi pour être au minima des exigences règlementaires, il n’en reste pas moins tenté depayer toujours moins. La soumission des personnels, ainsi hors de toute possibilité de défense de sesintérêts, ne permet pas non plus d’apporter une saine et salutaire contradiction sociale.Outre la formation, laquelle reste sommaire, avec parfois plus de cinquante nationalités à bord et même sil’anglais est la langue d’usage, il est certain que la communication en situation d’urgence, pour desquestions culturelles et de compréhension, peut être un facteur aggravant. Les personnels techniquesqualifiés ne sont pas épargnés par le phénomène. [Lire la suite...]
19 janvier 2012

Jean-Luc Bennahmias
Strasbourg, 18 janvier 2012
En session plénière du Parlement européen, nous revenons aujourd’hui, mercredi 18 janvier, sur la conférence des Nations Unies sur le climat qui s’est tenue à Durban, en Afrique du Sud, en décembre dernier. L’occasion d’un retour sur le bilan de ce sommet climatique: à l’issue de Durban, un accord a minima mais une feuille de route sur la table des négociations et ce grâce à l’Union européenne, qui a retrouvé à Durban son rôle moteur dans les négociations.
Durban illustre l’Etat affligeant des négociations sur le climat. 15 jours de négociations, une prolongation de 36 heures, des milliers de délégués de près de 200 pays autour de la table pour finalement quoi? Un accord a minima le 11 décembre dernier…Pourtant les enjeux sont énormes : le protocole de Kyoto qui doit se terminer à la fin de 2012 demeure le seul protocole contraignant qui ait jamais existé pour lutter contre le changement climatique.
A Durban, faute d’accord sur la forme, les discussions sur le fond en sont restées à l’état d’embryon. Dès le départ, il y eu blocage: Sous quelle forme envisager l’après-Kyoto? Comment financer le fonds vert? Sur ces questions les Etats de la planète se sont opposés et n’ont apporté aucune réponse satisfaisante…comme à Cancún, on a repoussé la prise de décision à toujours plus tard: Durban s’est donc achevé sur « l’engagement » à conclure un accord global de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2015. Mais on ne sait pas sous quelle forme juridique (les options sont ouvertes) ni qui il inclura au final une fois que les objectifs et sanctions seront établis. Cet accord global sur le principe inclut tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre à l’heure actuelle. Toutefois, concernant le prolongement des engagements de protocole de Kyoto au-delà de 2012: Chine, Russie, Japon, Etats-Unis ni Canada, n’y participeront pas, ce qui laisse présager les difficultés à surmonter pour concrétiser l’accord global pour 2015.
Un sentiment d’échec domine donc ; néanmoins, une feuille de route est sur la table des négociations et ce grâce à l’Union européenne, qui a retrouvé à Durban son rôle moteur dans les négociations. Dans un contexte politique et économique très tendu, l’UE a joué son rôle et défendu les objectifs qu’elle s’était fixés. Elle a été à l’origine d’un rapprochement entre pays développés et pays en développement et a contribué à inscrire dans le projet d’accord global le fossé grandissant entre l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C de moyenne (afin de limiter l’impact sur notre écosystème) et les actions mises en œuvre par les Etats pour y parvenir (loin d’être à la hauteur). [Lire la suite...]
19 janvier 2012
Dans la période de crise que nous traversons aujourd’hui l’enjeu est de savoir avec quel modèle de développement nous pouvons nous en sortir. Dans le contexte de la lutte contre le changement climatique, de la relance du débat sur le nucléaire après Fukushima, de la nécessité de l’élaboration d’une politique énergétique à l’échelle européenne au regard de notre dépendance énergétique vis-à-vis de l’extérieur, de la société d’hyper consommation poussée à l’extrême et aujourd’hui en bout de course, de la hausse continue du prix de l’énergie et de la fracture énergétique grandissante au sein de notre société, du processus lourd de désindustrialisation que connait notre pays :
Le développement durable est une idée valide. Que ce soit dans le secteur industriel, agricole ou tertiaire, pour les citoyens consommateurs, contribuables et pour la société dans son ensemble, le développement durable détient des réponses clés à la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Encore faut-il préciser les éléments du débat. Le développement durable ce n’est pas le développement qui dure mais le développement qui permet la durée.
Ces dernières années, l’expression a été galvaudée, utilisée à tort et à travers dans le débat politique, et a trouvé une illustration dans le Grenelle de l’environnement, qui était une idée excellente. Mettre ensemble tous les acteurs, les différentes corporations pour réfléchir à un nouveau modèle de société, la démarche était intéressante. L’idée était bonne mais malheureusement le bilan est extrêmement décevant. L’action de l’Etat en la matière, manque d’ambition et de vision sur le long terme. Au gouvernement comme dans l’économie de marché aujourd’hui, ce sont les logiques de court terme qui dominent. Si toutes les grandes entreprises ont mis en place des structures de développement durable, elles restent prises dans des logiques contradictoires (entre court et long terme) et au final c’est souvent le court terme qui continue de l’emporter…Le développement durable, qu’on pourrait appeler soutenable, en s’inspirant de l’expression anglo-saxonne, suppose à l’inverse une politique d’investissement sur le long terme. Dans une économie sociale de marché, le développement durable doit permettre à l’économie de se donner des perspectives (par la rénovation des modes de production, la régulation, la réutilisation des ressources, la redistribution…)
Car aujourd’hui, après des dizaines d’années de combat écologiste, et en dépit de succès non négligeables, notre pays reste à la traine. Nos habitudes de consommation et de production ne sont certes plus les mêmes qu’il y a dix ou vingt ans, mais en France, le développement durable n’est pas devenu la locomotive du changement. L’enjeu de la présidentielle peut être une étape décisive et positive. L’échange d’aujourd’hui est précieux. Notre conception du pouvoir nous invite à donner la pleine mesure aux acteurs expérimentés.
- Le développement durable, un enjeu à l’échelle européenne
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6 décembre 2011
« Le nucléaire sûr n’existe pas » ont réussi à brandir les militants de Greenpeace sur le dôme d’une centrale nucléaire: c’est le moins que l’on puisse dire ! Il est complètement hallucinant de voir qu’on peut entrer dans nos centrales nucléaires, réputées hyper sécurisées, comme dans un moulin ! Au moment où des stress tests sont établis sur notre parc de réacteurs, en voici un grandeur nature qui laisse voir toutes les failles d’un secteur énergétique, pourtant parmi les plus dangereux, laissé aux mains de militants, fort heureusement pacifistes , mais qui obligent les autorités à fouiller exhaustivement toutes les centrales pour trouver les militants qui seraient cachés à l’intérieur! Il y aurait de quoi rire si ce n’était pas si grave… Voici une preuve de plus de notre non maitrise de la technologie nucléaire et de l’urgence qu’il y a à développer une alternative, car on ne le répétera jamais assez: le nucléaire n’est pas l’avenir énergétique ! »
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